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Principales conclusions
- 1. L’Argos Index® poursuit sa tendance à la baisse en s’établissant à 8,7x l’EBITDA, son niveau le plus bas depuis 2017.
- 2. Cette baisse résulte à la fois d’un repli des multiples payés par les acquéreurs stratégiques et par les fonds d’investissement.
- 3. La part des opérations réalisées sur des multiples inférieurs à 7.0x l’EBITDA s’est accrue pour atteindre 28%, tandis que celle des opérations réalisées sur des multiples supérieurs à 15x est tombée à un point bas historique de 7%, ce qui met en évidence les pressions persistantes qui s’exercent sur les prix.
- 4. Reprise limitée de l’activité M&A sur le mid-market
L’Argos Index® poursuit sa tendance à la baisse en s’établissant à 8,7x l’EBITDA, son niveau
le plus bas depuis 2017
L’Argos Index® a chuté de 5.4% au 3ème trimestre à 8.7x l’EBITDA, son plus bas niveau depuis le 1er trimestre 2017. Les valorisations ont diminué sur l’ensemble des segments du mid‑market, le lower mid‑market affichant la chute la plus marquée (−10%). La part des opérations réalisées sur des multiples inférieurs à 7.0x l’EBITDA s’est accrue pour atteindre 28%, tandis que celle des opérations réalisées sur des multiples supérieurs à 15x est tombée à un point bas historique de 7%, ce qui met en évidence les pressions persistantes qui s’exercent sur les prix.
Cette baisse s’est poursuivie en dépit d’une augmentation graduelle de l’activité M&A qui a commencé en 2024 et a connu une brève interruption au début de 2025 en réaction au choc causé par la hausse des tarifs douaniers américains. La détérioration attendue de l’économie ne s’est finalement pas matérialisée, et l’activité est ensuite repartie à la hausse, soutenue par une inflation plus faible que prévu, par la vigueur des résultats des entreprises et par l’optimisme sur les effets de l’IA sur la croissance et les valorisations.
La hausse des taux à long terme(1) a pesé sur les prix malgré les baisses des taux de dépôt de la BCE. L’augmentation des primes de terme traduit les craintes sur la pérennité de la croissance, l’impact à plus long terme de la politique de Donald Trump et les tensions géopolitiques actuelles, ainsi que le montant plus élevé que prévu des émissions attendues (notamment en Allemagne) et les craintes sur la situation politique/budgétaire en France. Les banques de la zone euro ont durci les critères d’octroi de crédits aux entreprises au 3ème trimestre(2), ce qui limite les possibilités de recours à l’effet de levier(3) et réduit la capacité financière des acquéreurs, les prêteurs allemands étant les plus préoccupés par les perspectives économiques et les droits de douane.
Le 3ème trimestre a également été marqué par une baisse des multiples payés tant par les fonds d’investissement (jusqu’à 9,0x l’EBITDA) que par les acquéreurs stratégiques (jusqu’à 7,7x). Les sorties des fonds de Private-Equity en hausse de 12,5 % sur le trimestre, ont conduit les vendeurs—notamment les fonds— à ajuster progressivement leurs prévisions de prix, conduisant à un resserrement de l’écart de cotation (bid-ask spread). La chute de l’Argos Index® reflète ce processus de revalorisation, ce qui alimente la reprise de l’activité M&A.
(1) Le rendement obligataire européen à 10 ans, calculé par la BCE, s’est inscrit en hausse de 14 pb au 3ème trimestre (passant de 3,01% à 3,15%), et de 41 pb depuis le 1er janvier 2025.
(2) Source : enquête trimestrielle de la BCE
(3) L’orientation de la BCE destinée aux banques concernant les opérations à effet de levier (2017) augmente le coût du financement bancaire pour les opérations à fort effet de levier (ratio dette totale /EBITDA supérieur à 6x). Dans les décisions de 2024 de la BCE concernant le processus de contrôle et d’évaluation prudentiels (SREP) (déc. 2024), le nombre de banques devant renforcer leurs fonds propres compte tenu du risque de recours excessif à l’effet de levier a plus que doublé.
Argos Index® mid-market
Multiple médian EV/EBITDA sur 6 mois glissants
Source : Argos Index© mid-market / Epsilon Research
Cette baisse résulte à la fois d’un repli des multiples payés par les acquéreurs stratégiques et par les fonds d’investissement.
Les multiples payés par les fonds d’investissement ont diminué de 10% à 9,0x l’EBITDA au 3ème trimestre, un niveau proche de leur moyenne à long terme de 8,8x. Le recul de la collecte de fonds(1) et la pression des investisseurs (LPs) pour obtenir des distributions, ont conduit les fonds de Private-Equity à privilégier des rendements protégés contre le risque de baisse plutôt que la recherche de « gain à tout prix », ce qui s’est traduit par une discipline accrue sur les valorisations. Le resserrement de l’écart de cotation a entraîné une accélération de 12,5% des sorties des fonds de Private-Equity au cours des trois premiers trimestres de 2025, permettant au fonds d’investissement de monétiser les actifs les plus anciens de leurs portefeuilles. L’activité sur le mid‑market LBO a suivi la même évolution que le marché M&A dans son ensemble, la part du volume total d’opérations restant stable à un niveau faible de 15%.
Les multiples payés par les acquéreurs stratégiques ont poursuivi leur tendance baissière, atteignant 7,7x l’EBITDA au 3ème trimestre (12% en deçà de leur moyenne à long terme). Les grandes entreprises ont effectué des acquisitions opportunistes sur des multiples plus faibles, la part des opérations réalisées sur des multiples inférieurs à 7,0x l’EBITDA atteignant un niveau record. Parallèlement, la hausse des marchés actions depuis début 2025(2) a favorisé les opérations stratégiques assorties d’une forte prime, notamment dans les secteurs qui parviennent à s’adapter à l’IA et à la transformation numérique.
(1) Les levées de fonds effectuées par les fonds européens de Private Equity ont diminué de 33,3% au cours des 3 premiers trimestres de 2025, après le record atteint en 2024 (Source : Point sur l’évolution des marchés privés européens VCR de Pitchbook : 3ème trimestre 2025)
(2) L’Indice EURO STOXX® TMI Small est ressorti en hausse de 2,5% au 3ème trimestre et de 18,4% depuis le 1er janvier 2025
Valeur d’entreprise / EBITDA historique
Source : Argos Index© mid-market / Epsilon Research
Point bas historique des opérations réalisées
sur des multiples supérieurs à 15x l’EBITDA
Au 3ème trimestre 2025, les opérations réalisées sur des multiples extrêmes représentaient 35% de l’échantillon de l’indice, soit un point bas historique des opérations réalisées sur des multiples supérieurs à 15x l’EBITDA, et à l’inverse, une hausse de la part des opérations réalisées sur des multiples inférieurs à 7,0x l’EBITDA.
Part des multiples extrêmes de l’échantillon Argos Index®
Source : Argos Index© mid-market / Epsilon Research
Part des opérations aux multiples >15x l’EBITDA échantillon Argos Index®
Les opérations réalisées sur des multiples inférieurs à 7,0x l’EBITDA représentent 28% de l’échantillon, ce qui met en évidence la pression à la baisse persistante qui s’exerce sur les valorisations.
Part des opérations aux multiples 15x l’EBITDA échantillon Argos Index®
Reprise limitée de l’activité M&A
sur le mid-market
L’activité M&A sur le mid-market en zone euro a enregistré un début de reprise au 2ème trimestre 2025 (données mises à jour) après le plongeon du 1er trimestre, avant de se stabiliser au 3ème trimestre par rapport au 2ème trimestre. Au cours des trois premiers trimestres de 2025, l’activité sur le mid-market est restée globalement étale par rapport à 2024, et supérieure de 20% à son niveau de la période 2020–2023 : l’Europe est en retard sur la reprise graduelle mondiale des M&A(1).
En zone euro, le marché a bénéficié de l’amélioration des fondamentaux : la situation macroéconomique s’est stabilisée avec une croissance modeste au 3ème trimestre(2), l’inflation a oscillé autour de son niveau cible (2,1–2,2%) et la BCE a abaissé son taux de rémunération des dépôts à 2,0% en juin après les réductions opérées en février et en avril.
Cela dit, les signaux économiques mitigés, les incertitudes causées par les droits de douane, le risque géopolitique, et l’instabilité de la situation politique dans certains pays (notamment en France) continuent de faire obstacle à un véritable rebond de l’activité M&A.
(1) En Europe, la valeur des opérations de M&A a diminué de 5% à 375 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de 2025, tandis qu’au niveau mondial, l’activité M&A a connu une progression de 10% – source : Boston Consulting Group Global M&A Report (Reuters, 28.10.2025).
(2) Au 3ème trimestre 2025, le PIB ajusté des variations saisonnières a augmenté de 0,2% en zone euro par rapport au trimestre précédent, d’après les estimations rapides préliminaires publiées par Eurostat (30.10.2025).
Activité mid-market de la zone euro (15 M€–500 M€) en volume (nombre d’opérations) et en valeur
Source : Argos Index© mid-market / Epsilon Research
Volume des opérations sur le mid-market en zone euro (nombre de transactions)
L’activité des fonds d’investissement a chuté au même rythme que le marché M&A dans son ensemble. Leur part(1) de l’activité M&A sur le mid-market au cours des six derniers mois est restée stable à 15% en nombre d’opérations, mais elle reste à un niveau élevé de 30% en valeur des opérations divulguées.
(1) Hors build-ups
Part des opérations de LBO dans l’activité M&A mid-market de la zone euro